Gâteaux sur l'eau, bateaux dans l'air
J'ai discuté à la piscine avec mon pâtissier préféré. Ca peut paraître étrange, mais ainsi va la vie ici. Il y a à Deauville un grand artiste culinaire, un type qui a inventé le gâteau nuage, un truc en pétales de meringue et crème fouettée qui s'avale comme de l'air vanillé avec une framboise vous explosant de temps en temps par surprise dans la gueule, comme pour vous rappeler que cet orgasme miniature est un gâteau. Je le croise de temps en temps en maillot de bain dans l'eau, et nous discutons toujours un peu.Je l'adore, forcément, pour le bien qu'il me fait en mangeant, et il est assez sensible à mes compliments, à la reconnaissance de son, excellence. C'était gentiment absurde, de discuter de ses gâteaux, comme ça, dans l'eau. Derrière le patissier, rôdait le squale barraqué et poilu que j'avais déjà évoqué dans mon dernier blog euthanasié. Apparement, il était revenu en chasse dans le coin... Je suis vite sorti de l'eau, j'ai pris une douche efficace et très peu voluptueuse pour me précipiter en peignoir à la thalasso, voir mon masseur. Dans mon ancien blog, je le décrivais comme ressemblant à Shrek, version rose. Et si je le répète ici, c'est que je ne vois pas comment définir autrement ce gentil ogre en short qui me fait trop de bien avec ses grosses paluches bouillantes.
Finalement, en rentrant, j'étais assez fier d'avoir résisté à la tentation du squale poilu, qui rentre sans vergogne dans votre cabine de douche pour un tripotage à tomber par terre et vous propose un rendez-vous. Ce genre de truc est forcément moins excitant la deuxième fois, alors pourquoi gâcher un souvenir? J'en avais tellement envie qu'il valait mieux résister. Rien de tel que la frustration sexuelle pour stimuler l'imagination.
Je ne sais pas si c'est Noël, mais je suis un bon garçon en ce moment.
Hier j'ai dit à ma mêre, qui part au Vénézuela pour deux mois, que j'étais fier d'elle, fier qu'elle ne passe pas cette fête familiale comme presque toutes les mères, avec ses enfants, le centre absolu de son univers. Bon d'accord, après avoir raccroché, je me suis aussitôt dit que j'étais ravi qu'elle débarrasse le plancher pendant deux mois. Mais ça, elle ne l'a pas su.
Le prochain week-end prochain, quand je reviendrais à Paris, un autre défi m'attend: la mère du type formidable qui partage ma vie débarque d'Angleterre à Paris. La mère du Type Formidable est sino-indienne, une petite chose maladive sans âge et sans sexe défini qui tousse beaucoup, et qui a été très bien définie par un ami comme une "woodoo witch" (sorcière vaudou). Elle fait cuire du poisson séché à 8h du matin, et quand vous la complimentez à midi sur l'excellence de son plat, elle vous répond que c'est surtout l'arsenic qu'elle a rajouté dedans qui donne bon goût. Le Type Formidable, toujours stressé par son arrivée, garde un assez mauvais souvenir de sa dernière visite. Etre réveillé par des odeurs de curry et de poisson déshydraté m'avait un peu foutu en rogne. Ca n'allait pas du tout avec la couverture en vison, les tableaux et les tapis anciens de notre chambre. Je lui ai promis cette fois-ci que je serai super gentil, et j'ai presque hâte de voir si je vais réussir.
Bon, j'écris trop dans ce blog, mais pourquoi pas puisque je suis toujours incapable de rien écrire à côté. Pourtant je sens la marmite bouillonner, j'ai 100 000 idées. Mais je suis encore trop désenchanté pour aller les chercher.
Alors je reste là, à bouquiner ou regarder des films. Tout à l'heure j'ai vu "conte de la lune vague après la pluie" de Misoguchi, avec une scène de baiser entre un fantôme-geisha et un potier d'une beauté à couper le souffle. Je l'ai repassée au moins quatre fois. Je me sens en état de flottaison créatrice, et rarement je n'ai été aussi bien ici, en adéquation totale avec ce paysage glacé de brouillard sur la mer. De l'autre côté de ma fenêtre, quelques bateaux suivent une trajectoire rectiligne en apesanteur sur la brume.f
Finalement, en rentrant, j'étais assez fier d'avoir résisté à la tentation du squale poilu, qui rentre sans vergogne dans votre cabine de douche pour un tripotage à tomber par terre et vous propose un rendez-vous. Ce genre de truc est forcément moins excitant la deuxième fois, alors pourquoi gâcher un souvenir? J'en avais tellement envie qu'il valait mieux résister. Rien de tel que la frustration sexuelle pour stimuler l'imagination.
Je ne sais pas si c'est Noël, mais je suis un bon garçon en ce moment.
Hier j'ai dit à ma mêre, qui part au Vénézuela pour deux mois, que j'étais fier d'elle, fier qu'elle ne passe pas cette fête familiale comme presque toutes les mères, avec ses enfants, le centre absolu de son univers. Bon d'accord, après avoir raccroché, je me suis aussitôt dit que j'étais ravi qu'elle débarrasse le plancher pendant deux mois. Mais ça, elle ne l'a pas su.
Le prochain week-end prochain, quand je reviendrais à Paris, un autre défi m'attend: la mère du type formidable qui partage ma vie débarque d'Angleterre à Paris. La mère du Type Formidable est sino-indienne, une petite chose maladive sans âge et sans sexe défini qui tousse beaucoup, et qui a été très bien définie par un ami comme une "woodoo witch" (sorcière vaudou). Elle fait cuire du poisson séché à 8h du matin, et quand vous la complimentez à midi sur l'excellence de son plat, elle vous répond que c'est surtout l'arsenic qu'elle a rajouté dedans qui donne bon goût. Le Type Formidable, toujours stressé par son arrivée, garde un assez mauvais souvenir de sa dernière visite. Etre réveillé par des odeurs de curry et de poisson déshydraté m'avait un peu foutu en rogne. Ca n'allait pas du tout avec la couverture en vison, les tableaux et les tapis anciens de notre chambre. Je lui ai promis cette fois-ci que je serai super gentil, et j'ai presque hâte de voir si je vais réussir.
Bon, j'écris trop dans ce blog, mais pourquoi pas puisque je suis toujours incapable de rien écrire à côté. Pourtant je sens la marmite bouillonner, j'ai 100 000 idées. Mais je suis encore trop désenchanté pour aller les chercher.
Alors je reste là, à bouquiner ou regarder des films. Tout à l'heure j'ai vu "conte de la lune vague après la pluie" de Misoguchi, avec une scène de baiser entre un fantôme-geisha et un potier d'une beauté à couper le souffle. Je l'ai repassée au moins quatre fois. Je me sens en état de flottaison créatrice, et rarement je n'ai été aussi bien ici, en adéquation totale avec ce paysage glacé de brouillard sur la mer. De l'autre côté de ma fenêtre, quelques bateaux suivent une trajectoire rectiligne en apesanteur sur la brume.f

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