des corps

Monday, December 13, 2004

Vive la pollution

Ce week-end, comme je me l'étais promis, j'ai été un ange. J'ai commencé dès mon arrivée à Paris. Après un déjeuner de boulot, alors que je remontais l'avenue Montaigne, je suis rentré dans une boutique pour en ressortir en portant un gros paquet avec noeud en ruban de satin. Un cadeau comme ça, pour rien, cher et gratuit, pour le type formidable qui partage ma vie.
Et puis le soir, la projection d'une amie. Un film sublîme : je n'ai même pas eu à me forcer pour me répandre en compliments intelligents. Ses amis, que je n'avais pas vus depuis une éternité et qui étaient tous au courant de ma dernière acquisition, me posaient des questions sur mon château. J'ai fait beaucoup d'efforts pour ne pas répondre pendant trop longtemps, et recentrer le plus vite la discussion autour du film ou d'eux.
Samedi, j'ai accepté les trois invitations qu'on me proposait en les divisant en trois moments, un verre, un dîner, un dessert. A chaque fois, j'ai fait mon petit numéro de scénariste comme mes hôtes les aiment parce que ça pimente leur soirées. Mais au fond, ce que j'ai le plus aimé, c'était me rendre d'un endroit à l'autre au volant de mon auto adorée. A l'arrêt, je regardais sans arrêt dans le rétroviseur, pour admirer la vapeur dense sortant de chaque côté de la voiture par les deux pots d'échappement, nimbant mon joli monstre d'un cumulus blanc comme pour l'isoler de toutes ces autres bagnoles trop neuves, trop raisonnables, trop compactes, pas assez belles, pas assez polluantes. Ce week-end j'ai essayé d'être un ange, mais je ne peux pas l'être entièrement. Alors quand le feu passe au vert, il suffit d'un petit coup sur l'accélérateur pour que mon gros chat bondisse avant tout le monde dans un nuage et m'emporte avec lui comme un démon.ç

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